"Grossier personnage !"s'écria Shilhoh, en faisant son possible pour ne pas perdre ses bonnes manières.
Après avoir écarquillé ses grands yeux clairs de poupée, Shilhoh réprima un hoquettement choqué et rétorqua ces mots là, avant de se rendre compte que l'homme était armé. Elle plaqua une main sur sa bouche fine et nappée de gloss et entreprit de crier mais personne ne se trouvait sur la parking voisinnant le casino et tous les joueurs étaient à l'intérieur. Personne ne l'entendrait et si jamais elle s'avisait de hurler, il n'hésiterait sûrement pas à la descendre. Pour l'une des premières fois de sa vie, elle avait peur mais ne paniqua pas pour autant et préféra garder son calme et son self-control digne de celui d'un dalaï-lama, pour des raisons de dignité, d'honneur mais aussi et surtout, de sécurité. Elle ne tenait pas à perdre la vie dans une stupide fusillade, merci bien, elle méritait une mort plus romantique et plus glamour. Par conséquent elle préféra faire don de sa montre à l'homme mal habillé et qui ne semblait pas avoir pris de douche depuis des semaines mais qui ressemblait probablement toujours à un clochard même après un bon bain.
Elle était milliardaire, elle pouvait bien faire part de sa montre Cartier à ce pauvre homme qui devait sûrement être sans le sous et sans domicile, et qui ne devait sûrement avoir aucun autre moyen de subsister. Elle poussa un petit soupire snob et blasé made in Upper East Side, décrocha la montre de son poignet osseux et la tendit au gueux armé qui se trouvait devant elle, pensant qu'elle s'en racheterait sûrement une autre dans la semaine ou que, mieux encore, elle s'en ferait racheter une part son Natie chéri qui n'aurait pas su lui dire non même si sa vie en avait dépendu.
"Tenez, voici ma montre, mon bon monsieur. Faites en bon usage, je vous prie."
Puis elle se rappella qu'il lui avait aussi demandé son sac à main, qu'elle lui aurait volontiers donné si jamais cela avait pu lui sauver sa vie et si seulement elle ne l'avait pas oublié à l'intérieur du casino. Son coeur se mit à battre dans sa poitrine plus ou moins inexistante. Elle se traîta mentalement de conne : le fait de ne jamais dire de mots grossiers ou vulgaires ne l'empêchait pas d'en penser au moins deux fois plus qu'une personne qui en disait normalement. Elle leva ses grands yeux de Bambi effrayé vers l'homme qui lui avait volé sa montre. Il ne la tuerait peut être pas, puisqu'elle lui avait passé sa montre, sa superbe montre artier qui valait au bas mot près de 50.000 $, si ce n'était pas plus. Mais une chose était sûre, si elle ne lui donnait pas son sac, il lui ferait passer un sale quart d'heure. Peut être qu'il l'emmènerait dans un coin pour la violer, comme cela était arrivé à London quelques mois auparavant. Ou pire, seconde option, il la tuerait peut être. Ou bien il ferait les deux à la fois. Il la trainerait dans un coin sombre, lui ferait subir des choses que je ne préfère pas décrire ici, et quand il aurait terminé, il lui tirerait dessus et elle en mourrait. Shilhoh décida que sa seule issue de secours était son assurance qui en intimidait plus d'un. Mais arriverait-elle à intimider un braqueur en étant sûre d'elle ?
"En ce qui concerne mon sac, je l'ai oublié à l'intérieur du casino. Vous m'en voyez désolée mais il vous faudra vous contenter pour ce soir d'une montre en or d'une valeur de près de cinquante mille dollards."dit-elle d'un ton sec en passant derrière son oreille une mèche de cheveux blond.
*C'est ça, avant que j'aille tout cafter à la police, connard.*
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" - I'm so sorry, I'm so sorry for everything.
- My darling, you're such a child. You think that by saying, "I'm sorry" all the past can be corrected."