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 Cartons, confessions et beaux garçons [C]

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Shilhoh-Grace L.
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MessageSujet: Re: Cartons, confessions et beaux garçons [C]   Lun 28 Juil - 11:02

    A vrai dire, Shilhoh avait énormément de mal à voir ses anciens petits amis sortir avec d'autres filles qu'elle. C'était plus fort qu'elle, elle ne le supportait pas. Elle aimait penser que ses anciens princes charmants, ou pas charmants du tout, selon le cas, gardait d'elle un souvenir hantant, obsédant, inoubliable, à l'image de la parfaite princesse qu'elle était. Elle adorait se faire des films dans lesquels ses anciens fiancés sursautaient à chaque fois qu'il voyaient de dos une jeune femme grande, fine, vêtues de vêtements de créateur, de longs cheveux blonds cendrés striés de mèches dorés descendant au milieu de leur dos mince et élégant. Ils posaient une main sur l'épaule de la jeune femme, qui se retournait, mais quelle triste surprise, ce n'était pas Shilhoh-Grace, simplement une mannequin anorexique et camée avec des yeux vert glauques injectés de sang. Et des cernes, oui, plein de cernes : une jeune femme aux antipodes de mademoiselle Weinbergen. L'ancien fiancé s'en allait la mort dans l'âme en se remémorant du visage parfait de sa Sugar. Ce n'était bien sûr que l'un des nombreux films que Shilhoh-Grace aimait se jouer dans sa tête, il y en avait tant d'autres. S'il y avait une chose que Shilhoh-Grace adorait, c'était se sentir adulée. Et peu importe que ce soit par des anciens amoureux agaçants, pas toujours magnifiques et souffrant de sérieux déficit intellectuels la plupart du temps, les poussant à commettre des actes atrocement gênant, du genre épouser des travestis à Las Vegas lors d'une soirée arrosée (arrosée, c'était vraiment le moins qu'on puisse dire). Même si ces sentiments n'allaient que dans un sens, autrement dit dans le sien, elle était aimée, désirée, tous ses anciens petits copains la trouvaient géniale et magnifique, elle leur manquait horriblement. Du moins jusqu'à ce qu'ils aient une autre amoureuse, en quel cas ils étaient plutôt forcés de se concentrer sur leur nouvelle conquête que sur elle, ce qui horripilait la jolie blonde au plus haut point. Shilhoh-Grace avait un égo parfaitement surdimensionné mais toutes les autres filles qu'elle connaissait étaient dans le même cas : elles adoraient quand leurs anciens fiancés se languissaient d'elles. Le fait que votre ex trouve une nouvelle petite amie était déjà quelque chose d'assez agaçant. Alors, pensez un peu s'il s'agit de votre propre TANTE. Shilhoh frissonna rien qu'à y penser. Nathaniel et elle avaient largement dépassé le stade du "je viens de divorcer, je me remet de mes émotions". Et pour cause, cela faisait pas mal de temps déjà qu'elle sortait avec Logan. Nathaniel avait beau être dépréssif, il était quand même un bel homme, en plus il était, genre, milliardaire, et toutes les femmes de la côte Ouest de sept à soixante dix sept ans lui tournaient autour. Dans le lot, il y en aurait bien une qui finirait par lui plaire. Shilhoh-Grace avait commencé à se faire à cette idée : non pas qu'elle fût encore amoureuse de lui, il la débectait souverainement, mais elle aurait a-do-ré qu'il sombre dans une déprime encore plus profonde que celle dans laquelle il était plongée en ce moment parce qu'elle lui manquait, pendant qu'elle filait LE parfait amour avec, genre, LE mec le plus génial du monde entier. En somme, elle commençait à accepter l'idée que Nathaniel puisse ne pas penser seulement à elle, non plus, vu que de toutes façons elle ne pensait plus à lui. Mais jamais elle n'aurait supporté qu'il sorte avec, genre, sa ... tante. Non, il n'y avait aucun risque. Sa tante avait, genre, cent dix ans, elle était obèse et avait les cheveux gras. Elle ne s'habillait qu'en noir et était à moitié neurasthénique. Elle adorait se faire passer pour Sainte Lilianne des familles folles, une martyr pure et dure, qui devait s'occuper de sa soeur alcoolique, dont le mari homosexuel l'avait lâchement plaqué pour le majordome de leurs filles et par la suite pour un jeune homme qui aurait facilement pu être son fils, et qui devait gérer à distance deux nièces à moitié dingues blondes et écervelées qui passait leur temps à flamber l'argent de leur parent, faire la fête et coucher avec n'importe qui, en gros. Shilhoh aimait être adulée, sa tante aimait être plainte.
    Ouais, chacun son truc.


    "Leur petite histoire ne durera pas cent vingt ans. Eleanor a besoin de réconfort parce que Calisto, qui était, genre, l'amour de sa vie, vient de la plaquer, quant à Michael, il aime bien s'en prendre à plus faible que lui. Quand Eleanor en aura marre de le voir allonger sur son canapé à boire des bières en regardant le foot toute la sainte journée, elle le mettra à la porte et il reviendra le SDF qu'il a toujours été. Tu noteras cependant qu'il y a du progrès, cette fois ci, il a mis de côté ses penchants pédophiles et sort maintenant avec une femme qui a à peu près son âge."railla Shilhoh-Grace, qui ne supportait pas Michael mais qui ne voulait cependant prendre partie pour personne.

    Très diplomate de sa part.
    Les deux jeunes femmes continuèrent à tout emballer et à tout ranger, en discutant en même temps. Shilhoh-Grace fit la grimace quand Claire aborda le cas de Logan. Merci de lui rappeller qu'elle n'avait pas encore trouvé une seule putain de solution pour que son fiancé, son futur mari, son prince charmant, l'homme de sa vie, évite de s'envoler à l'autre bout de la planète. Eleanor avait parlé de la Tchétchénie et du Darfour : Logan ne lui avait encore rien dit, ni parlé de ses fameuses "listes" sur lesquelles il était supposé figurer. Vraiment, à part éventuellement la Corée du Nord ou le Pôle Sud, Logan pouvait difficilement choisir destination plus dangereuse et plus lointaine. S'il avait besoin de voyager, qu'à cela ne tienne, Shilhoh était milliardaire, ils pouvaient partir à n'importe quel endroit de la planète (si possible un peu moins dangereux que Grozny ou Bagdad) quand cela leur chantait. Il avait TOUT ici. Une fille adorable et une petite amie. On se demandait bien ce qu'il lui fallait de plus ! De plus Claire était enceinte. Il ne pouvait décemment PAS abandonner sa fille comme CA, à, genre, huit mois de grocesse. Il n'était même pas sûr de revenir. Tout en écoutant Claire, Shilhoh sentit un frisson d'effroi parcourir sa colonne vertébrale. Elle ne pouvait même pas envisager l'idée qu'il ne puisse mourrir sur ce champ de bataille. Il fallait qu'elle trouve un plan en vitesse, avant que ce départ pour le bout du monde, les bombes et la mort ne se concrétise, et Claire allait certainement faire partie de ce plan. Shilhoh lui adressa un signe de tête rassurant et ferme signifiant "Moi vivante, il ne mettra pas les pieds sur un putain de champ de bataille, où qu'il se trouve". Logan et elle se faisait souvent des soirées cinéma après être aller dîné au restaurant, soit pour voir un film glamour des années cinquante dont Shilhoh-Grace raffolait, soit pour voir un film de guerre. Quand les séquence de combat et de guerre arrivaient sur l'écran, Shilhoh ne pouvait pas s'empêcher de se représenter Logan au milieu. Au moment où le héros était grièvement blessé au champ de bataille, ce qui arrivait à peu près dix fois sur dix, Shihoh voyait le visage de son fiancé à la place de celui de l'acteur. Elle ne lâchait jamais la main de Logan. Elle frissonnait d'effroi pendant tout le film : Logan s'efforçait de la rassurer quand ils sortaient du cinéma, alors qu'elle était encore toute pâle et sérieusement préoccupée, elle qui était d'habitude insouciante et forte. Ce n'était pas que de la fiction. Tout cela pouvait arriver plus vite que ce qu'elle ne le pensait à Logan, l'homme qu'elle aimait d'un amour infini, pour lequel elle aurait donné sa vie si cela avait été nécéssaire. Elle ne le laisserait pas faire la guerre, partir Dieu savait où, prendre le risque de perdre la vie pour pas grand chose au final. Alors ça non, pas moyen !
    Quand Claire lui parla de la gourmette, Shilhoh posa les yeux sur le bijou. Logan lui avait lui aussi posé la question, elle lui avait expliqué que c'était un bijou qui se transmettait dans la famille et qui avait appartenu à feu son frère, sans s'attarder sur les détails. Logan avait compris et, après qu'elle lui ait montré une photo, il lui avait dit qu'ils pouvaient en parler quand elle voulait. Elle voulait bien, mais le problème était qu'elle n'avait pratiquement aucun souvenir de Dimitri. Il avait été tué quand elle avait pratiquement vingt ans de moins. Elle se souvenait juste qu'elle ne l'avait jamais aimé parce qu'il accaparait l'attention et l'amour de ses parents, auquels ni Dylan, ni elle n'avaient jamais eu droit. Dimitri était un petit garçon blond comme les blés, très affectueux. Il adorait Dylan et essayait désespérément de se faire aimer de Sugar, qui le mettait dehors à coup de pieds aux fesses dès qu'il avait la très mauvaise idée de s'aventurer dans sa chambre. Parfois, elle était même très méchante avec lui mais Dimitri voulait toujours qu'elle joue avec lui, qu'elle partage ses jeux, qu'elle s'occupe un peu de lui. Le jour où leur gouvernante l'avait kidnappé puis tué, une belle matiné de juin ensoleillée, avant que ses deux soeurs ne partent à l'école, Dimitri s'était accroché à la jupe de Dylan, qui lui avait fait un câlin. Il avait tenté d'obtenir un baiser de sa soeur plus âgée, qui l'avait envoyé se faire voir.
    Et qui ne l'avait plus jamais revu, soit dit en passant.


    "Oh. Oh, ne t'inquiète pas. Je n'ai pas d'amant, ni rien. J'aime sincèrement ton papa. Je l'aime plus que tout au monde tu sais. Mais Dimitri était mon frère. Notre dingue de nourrice l'a kidnappé quand il était petit. Nos parents étaient très inquiets ... ils ont réussi à le retrouver, avec notre gouvernante, dans un hangar désaffecté. Les policiers et les agents du FBI étaient presque arrivés au bout de leur mission, tout était supposé bien se finir ... mais notre nourrice a pris peur et elle a descendu Dimitri, avant de se suicider aussi."dit-elle avant de rajouter précipitamment, en voyant que Claire faisait une drôle de tête."Ce n'est pas grave ! C'était il y a longtemps. Mes parents qui étaient déjà givrés sont devenus complètement tarés à partir de là."

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" - I'm so sorry, I'm so sorry for everything.
- My darling, you're such a child. You think that by saying, "I'm sorry" all the past can be corrected."
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